AU  FIL  DE  MON  « LAND  ATELIER »…
AlbumsAlbums/Albums.html
ContactContact.html
LiensLiens.html
Accueilindex.html
DémarcheDemarche.html
Rencontres
ExposExpos.html
 
En créant mes land art tout au long du sentier du Rhône, entre le Bois de la Bâtie et Loëx (environs de Genève), j’ai eu la surprise d’être très souvent abordée par des promeneurs.
En partage, voici quelques bribes de ces échanges impromptus, jaillis lors de ces rencontres qui me touchent énormément et m’encouragent dans ma démarche…
Des rencontres toutes simples, directes, souvent émouvantes, parfois drôles aussi…
Et qui prennent de temps à autres le détour d’un long partage plus personnel…
Cela commence en général par des questions :
« Vous faites quoi, là ? »
« A quoi ça sert ? »
« Qu’est-ce que ça représente ? 
    Moi, j’y vois 	…une échelle
                                  …un vase
                                    …une maquette
                                  …un labyrinthe
                                        …comme un petit autel tibétain
                                          …un cœur     …etc… »
« Est-ce que vous mettez de la colle ? » 
« Vous donnez des cours ? » 
« Vous organisez un jeu de piste ? »
Et puis souvent :
« Ah, c’est vous !!!
   Je viens souvent par ici, et ça fait des mois que je vois vos œuvres; 
   Je me demandais qui faisait ça ! »
Une habituée :
« Et ben alors, qu’est-ce qui se passe ? 
   Vous n’avez pas fait grand chose ces derniers temps ! »

Souvent, ce sont de brefs mots, dits en passant :
« Bravo ! »  « Merci ! »   « Superbe ! »   « Continuez ! » 
« C’est comme si un petit lutin était passé par là ! »
« C’est magnifique, ce que vous faites ! 
   Ça nous accompagne sur tout le parcours, on est comme guidé… »
« Ça m’a ouvert la nature ! »
« C’est poétique ! »
« C’est super, je kiffe ! »
« Il y en a, on dirait que c’est vivant ! » (en parlant des cairns)
« Ça me fait du bien ! »
« Au fond, ce que vous faites, c’est un peu comme pour dire merci à la nature… »
« C’est un cadeau ! »
Parfois aussi :
« Ça m’a énervé, vos trucs ! Moi, je viens ici pour être tranquille !
   Et là, il faut commencer à réfléchir : qu’est-ce que ça signifie ?»
« Et bien…, je dois dire qu’au début, ça me dérangeait, vos constructions ! J’avais l’impression de quelqu’un qui s’appropriait l’espace public pour se mettre en avant ! »

Quelque chose de spirituel...?
C’est un feed back qui revient souvent au fil des rencontres :
« Je me suis demandé si c’était quelque chose de bouddhiste ? »
« C’est très spirituel… ça apporte de la sérénité… »
« Est-ce que c’est sectaire ? »
« On a envie de se taire et de regarder… »
« …comme un espace sacré… »
« C’est sûrement plein de symboles, n’est-ce pas ? »
« Je me suis demandé si c’était satanique ? »
« Est-ce que ça a une signification religieuse ? …ou spirituelle ? »
« Ça me fait penser à des petits sanctuaires païens ! »
« Merci pour tous ces jalons sur notre chemin ! C’est beau  …et c’est plein d’âme… »
« C’est comme un peu ésotérique ! »
« Ça me ravit l’âme… »
« Ça nous met en contact avec l’essentiel, avec une dimension intérieure… »

Un « atelier » interactif spontané
Dès les débuts de mes créations sur les bords du Rhône, au printemps 2010, j’ai découvert que des éléments avaient été parfois rajoutés à mes land art ! Et de ci, de là, il commençait aussi à y avoir de nouvelles œuvres, créées par d’autres personnes…
Bouffée d’émotion : moi qui nourrissais le rêve de créer un jour un atelier ouvert, interactif, avec un espace pour échanger, je le voyais là, en train de se réaliser spontanément dans cet « atelier » à ciel ouvert… !
Un jeune couple à vélo :
« C’est super, ce que vous faites ! Ça nous a donné envie d’essayer aussi ! Alors, on est en train de chercher ‘notre’ endroit pour le faire ! »
Une dame retraitée s’approche de moi pendant que je fais des cairns.
Elle commence à admirer les pierres avec moi. 
Puis m’en tend l’une ou l’autre : « Ça irait bien avec ce que vous êtes en train de faire ! »
Elle en rassemble d’autres « qui iraient bien ensemble ». 
Du coup, je l’encourage à faire son propre cairn.
Après hésitation, elle se met à empiler les pierres précautionneusement et découvre, ravie et les yeux
pétillants : « Ça tient !!!  Toute seule, je n’oserais pas… Mais avec quelqu’un d’autre, oui ! »
Une habituée : 
« Le bonhomme que vous aviez fait là-bas, je lui ai remis son nez ! Il était tombé ! »
Une promeneuse :
« Je suis venue me balader par ici avec mes nièces ados. Elles ont flashés sur vos œuvres et se sont mises à en faire aussi, là-bas sur la petite plage ! C’était vraiment bien ! »
Deux dames retraitées (déjà rencontrées précédemment) : 
« Ah, ça faisait longtemps ! 
   Je venais de dire à mon amie : il y a longtemps qu’on n’a plus vu la dame ! »
Elles se mettent à faire des cairns à côté de moi, tout en discutant entre elles :
« Regarde ! Tu devrais plutôt mettre cette pierre-là !  
- Non, là, moi je mettrais ça comme ça ! »
L’une d’entre elle semble avoir quelque chose à me dire, hésite… , puis finit par m’avouer, toute confuse :
« Il y a quelque temps, j’ai vu une de vos petites sculptures, et elle m’a tellement plu …je l’ai embarquée chez moi et mise sur mon balcon ! »
Elle ajoute :
« Maintenant, je pense à vous tous les jours quand je la regarde ! 
   Mais j’avais un poids sur la conscience, il fallait que je vous le dise… »
Ensemble, nous rions beaucoup de cette histoire,
puis toutes les deux se remettent à faire des cairns de plus belle :
« Tu vois, c’est ça qu’on devrait faire, plutôt que de regarder la télé ! » 
Au moment de partir, elles « craquent » …et emportent chacune un de leurs cairns dans leur sac à main !
Une marcheuse :
« Je vois souvent vos œuvres. J’ai l’impression de quelque chose de spirituel…
   Des fois, je rajoute une pierre : c’est pour X, un ami guide qui nous a quittés… »


Je pourrais encore évoquer longuement cette farandole de rencontres et de paroles échangées… 
      ...comme autant de cadeaux offerts qui me sont si précieux…
               Une autre fois peut-être…
		         Ou de vive voix…?
« L’art est encore le plus court chemin
de l’homme à l’homme »
(phrase d’André Malraux que m’a offerte un ami)